«Quand je fais quelque-chose, je ne le fais pas à moitié» Interview de Marie-Solange

Marie-Solange, 48 ans, a de multiples casquettes : salariée de la caf92, sportive de haut niveau, représentante de la CFTC au comité de la charte sociale de Paris 2024, et surtout altruiste et militante. Aider les gens, c’est bien là sa motivation.


Marie-Solange, représentante de la CFTC au comité de la charte sociale de Paris 2024
Marie-Solange, représentante de la CFTC au comité de la charte sociale de Paris 2024

Depuis combien de temps êtes-vous engagée à la CFTC ?

Je me suis engagée un peu par hasard, il y a quinze ans. Pour compléter une liste lors d’une élection, je me suis inscrite. Je venais d’arriver dans l’entreprise. Je n’ai pas été élue, mais je me suis alors de plus en plus investie à la CFTC. J’ai depuis siégé au conseil d’administration, puis au CE, devenu CSE.


Comment vous êtes-vous formée, pour être compétente ?

Je me suis formée sur le tas ! Je me suis renseignée, je suis allée chercher les informations me permettant, lors des réunions, de comprendre ce dont on parle. Je suis assez pugnace. Ainsi, lorsque j’ai intégré la CAF, j’avais un niveau BEP. Désireuse d’évoluer, grâce à des cours du soir, j’ai passé mon bac général puis obtenu une licence en finances. Je travaillais le jour à la CAF et étudiais le soir. Quand je fais quelque chose, je ne le fais pas à moitié, je ne lâche jamais rien. Je suis aussi très sportive. Après avoir fait de l’athlétisme pendant vingt-quatre ans, je suis passée à l’haltérophilie en 2015. En 2017, je devenais vice-championne fédérale et en 2019, j’obtenais le titre de vice-championne du monde !


Ce sont des attentes que vous aviez au départ ?

Ah non ! J’ai découvert les différents mandats au fur et à mesure. J’ai été bien épaulée, surtout par mes collègues du syndicat qui m’ont aidée à libérer du temps pour que je puisse m’investir au niveau national. Je ne m’attendais pas du tout à ce que la vie syndicale soit aussi riche.


Quels sont les principaux enjeux pour une femme syndicaliste ?

Je trouve que le plus compliqué dans la carrière syndicale, c’est de devoir laisser sa famille, de partir en déplacement pour se mettre au service d’autres personnes, alors qu’il y en a qui vous attendent à la maison. Sans le soutien de mes proches, je ne pourrais pas faire ce que je fais au sein de la fédération.


Comment se traduit votre engagement aujourd’hui ?

Je continue d’aller sur le terrain régulièrement avec mes collègues et de m’impliquer dans la vie des sections. Le développement de nos secteurs


Pourquoi vous être engagée à la CFTC ?

Là encore, je me suis renseignée sur les différents syndicats. Ce qui fait la différence, à la CFTC, c’est le côté constructif : on négocie, on n’attaque pas le patron juste parce qu’il est le patron. On est dans la discussion, l’écoute.


C’est essentiel ?

Oui. C’est ce qui me plait, dans le syndicalisme, d’aider les gens, de dénouer des situations compliquées, de résoudre les problèmes. C’est l’autre qui m’intéresse. D’ailleurs, j’ai une anecdote. J’étais connue à la CAF comme athlète. Des collègues m’ont demandé de les entrainer pour du renforcement musculaire. J’ai alors pris trois semaines de congé pour construire le projet à soumettre à la direction, projet qui a été accepté. J’ai coaché une dizaine de personnes pendant deux ans et demi…avant que les rangs ne grossissent trop. L’année suivante, ils étaient une vingtaine, bien trop nombreux pour être entrainés par une personne non diplômée.


Que signifie être engagée, être militante aujourd’hui ?

Pour moi, être militante, c’est être à l’écoute de l’autre, l’aider pour défendre ses droits au travail. Toujours dans la négociation, sans bagarre, mais en parlant jusqu’à obtenir la justice. C’est aussi être au contact de l’autre. Enfin, c’est lutter contre le tout-économie et remettre l’humain au cœur de l’entreprise. Pour exemple, j’accompagne actuellement deux personnes élues CFTC licenciées : avec ma fédération PSE, nous essayons de trouver les meilleures solutions pour les défendre.




Extrait de "La vie à défendre" N° 217